mariage_008__640x480_                  Depuis plusieurs semaines se prépare chez mon voisin un évènement de taille: il marie sa fille. Nous assistons donc du haut de notre terrasse aux préparatifs de la cérémonie. Le Haroussi, Grand Mariage mahorais, est réservé le plus souvent à l'ainé de la fratrie et pour préserver l'honneur familial, il se doit d'être fastueux.  Il est aussi un bon indicateur de la fortune dont dispose les familles.

Mon voisin a posé des chapiteaux dans son jardin depuis la semaine dernière et une sono pour l'ambiance. Les bwenis s'y  regroupent pour préparer les plats  et pâtisseries qu'elles offreront aux invités.  L'ambiance est à la fête et les chants comme les rires viennent ponctuer ces moments privilégiés.

mariage_007__640x480_             J'ai pu assister, du haut de ma terrasse je vous le rappelle, au M'Chogoro qui est la marche nuptiale accompagnant le marié chez sa femme. Les hommes de la famille et les amis ouvrent le cortège au rythme des tam-tam, revétus pour l'occasion des habits traditionnels.

mariage_009__640x480_            On les entend arriver de loin et les gens du quartier affluent de toutes parts pour assister au spectacle. C'est beau, c'est très beau et je leur trouve beaucoup de classe.

mariage_015__640x480_          Le marié est entouré de deux amis vétus comme lui de vêtements richement parés qui ne sont pas sans rappeler certains Princes du Désert.  Des ombrelles les protègent du soleil, tandis que les femmes ferment la marche nuptiale.

mariage_021__640x480_        La rue est envahie et les camescopes et autres appareil-photo fonctionnent à plein régime.

mariage_023__640x480_            Toujours au rythme des tam-tam, le cortège se dirige vers la maison de la mariée, et après une prière, le marié est invité à rejoindre sa femme dans la maison.

mariage_031__640x480_          La noce s'est prolongée jusqu'à l'aube et nous avons pu voir la danse des hommes appelée chigona.

Fermez les yeux et tentez d'imaginer quelques secondes la magie de cette danse: les épaules et les hanches bougent au rythme des tam-tam et percussions, tandis que les pas se font plus ou moins importants. La musique, charmante, lancinante, envôutante se fait plus rapide à certains moments;  le chanteur raconte des histoires ordinaires et les hommes lui répondent en écho. Nous avons regardés, fascinés, ces hommes de tous âges évoluer en rythme. 

Les averses de pluie n'ont rien arrétées, et le chigoma a continué, ponctué d'éclats de rire. Vers 2h du matin, alors que j'étais dans cette  phase de sommeil ou on ne dort pas encore mais ou on perçoit les sons, je me suis surprise à réver que j'étais en Afrique, dans une atmosphère à mi-chemin entre Greystock, King Kong et Out of Africa et que les tribus africaines se livraient à des concours de danse pour savoir qui serait la tribu victorieuse. Les rèves sont bizarres, parfois...

Ce Grand Mariage a débuté lundi soir et se termine ce soir, du moins je l'éspère.  Les meilleures choses ayant une fin, j'avoue que la musique jusqu'à pas d'heure et le défilé continu des voitures devant chez moi commencent à me lasser. Mon cher voisin n'a pas jugé bon d'inviter les m'zungus du quartier, vous vous contenterez donc de ces images volées du haut  de mon perchoir. Et si on peut évaluer la fortune d'un homme au Grand Mariage qu'il offre à sa fille, celui-ci est  immensement riche....!!

Même pas une Corne de gazelle en guise de dommage pour le bruit causé, vous vous rendez compte...??

                                       Kaay à Mayotte