Petite note en couleur sépia, puisque les appareils-photos le permettent. Et Hell-Vill s'y prête bien, à la manière de la vieille France des années 50.

le_banc

Abel, le chauffeur de taxi vient me chercher tôt ce matin pour visiter la capitale. 15 kms séparent l'hôtel de la ville, mais nous mettrons plus d'une heure avant de l'atteindre.  En montant dans la voiture, une 4L, je dois déjà me plier en deux et monter devant pour aller à la place arrière. La portière arrière ne s'ouvre pas, et j'improvise une posture digne des meilleurs professeurs de yoga pour prendre place. Une station-service nous accueille pour faire le plein d'essence, mais Abel ne peut sortir de son côté, sa portière déconne aussI...puis, la voiture tombe en panne, et tous les hommes disponibles se mettent à pousser derrière. Je trône lamentablement à ma place, et attend vainement un secours divin. Quelqu'un a dû nous entendre, car après un quart d'heure de peine, la 4L redémarre.

le_march_      

En arrivant à la capitale, Abel me laisse vers le marché, et " le temps de trouver un réparateur, je te rejoins tout de suite...". J'en profite donc pour prendre en photo le centre-ville. Comme toutes les capitales du monde, Hell-Vill est sale, bruyante, mais aussi pleine de vie. Au milieu des zébus à charrette et des taxis-brousses, la wasaha que je suis attire l'oeil, les bébés dans les bras de leur mère me font des sourires et les papys veulent me vendre de la vanille, de la cannelle et de l'huile essentielle d'ylang.

les_crevettes      

Le marché aux poissons se respire de loin, et des paniers entiers de poissons sèchés attendent au soleil que l'on se décide à les acheter. Dans des tamis à riz, les crevettes et camarons attendent de subir le même sort.      Le vendeur, la cigarette au bec, les prend à pleines mains, et les met dans un cornet de papier journal. Je n'ose pas imaginer ce qu'il va faire de sa cendre, ni de son mégot d'ailleurs...

c_t__boucherie      

Les étals du côté boucherie sont tout aussi colorés. Pas de vitrine réfrigérante, les mouches apprécient à sa juste valeur; les clients aussi, qui peuvent à loisir tater les morceaux de barbaque et ne s'en privent pas.

Le boucher, la clope au bec, chasse les mouches d'un revers de la main régulier, ce qui a pour seul effet de faire tomber la cendre sur la viande. Mais les mouches sont taquines, et s'en vont gaiement sur les morceaux de choix de l'étal voisin.

Il me semble qu'il a un frêre jumeau qui vend du poisson plus loin, mais bientôt je m'aperçois qu'il s'agit en fait d'une grande fratrie puisque tous les étals ont leur homme de métier qui jongle entre pièces de monnaie, cigarette, et "produits frais"

les_nasses      

Tout cela m'a ouvert l'appétit, et en sortant du marché, je tombe naturellement sur une boulangerie qui propose des pains au chocolat. des beignets de poissons, et de la banane séchée. Nos amies les mouches sont encore là, et finalement, je me décide pour un pain au chocolat. Après ce que j'ai vu, je refuse de savoir comment il a été fabriqué. Il faut savoir se contenter des choses les plus simples...

                                                                                            Kaay à Mayotte