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J'ai vu des enfants naitre et des hommes mourir. J'ai longé des fleuves et escaladé des montagnes. J'ai connu la paix et vécu la guerre. J'ai éclaté de rire et pleuré toutes les larmes de mon corps. J'ai éprouvé la joie, la déception, la tristesse, la peur de mourir, l'euphorie et le désespoir.

On dirait une chanson de Francis Cabrel, mais ces paroles sont celles de MIKE HORN,   explorateur professionnel comme il se décrit lui-même. Son credo: tenter (et réussir) ce que personne n'a jamais fait avant lui.

Il rit, il pleure, ll a chaud, il a froid. Et j'ai peur avec lui, froid en même temps que lui. Mike Horn est un Dieu parce qu'il ose faire ce qu'on ose à peine réver.

Dans Lattitude Zéro, son but est de faire le tour du monde sans jamais s'écarter de la ligne de l'équateur. Il traverse ainsi les pays et les océans à vélo, à pied, en pirogue ou à bord d'un trimaran baptisé Latitude Zéro.

Son périple débute au Gabon d'ou il rejoint le Brésil à bord de son trimaran. L'Aventure commence ainsi, alors que Mike Horn n'a navigué en tout et pour tout que sur le Lac Léman pendant 3 jours. Il fera donc ses armes de navigateur en direct-live sur l'Atlantique.

Puis, il traverse l'Amazonie à pied et en pirogue, ou il lui arrive moults aventures, bonnes ou mauvaises. Comme la fois ou il doit traverser le territoire des narco-trafiquants en Colombie ou encore quand un serpent le mord et qu'il reste alité quatre jours de suite, au beau milieu de la forêt tropicale.   

Sur la côte pacifique, il rejoint Latitude Zéro pour affronter le plus grand des océans. Direction Sumatra, en passant par les Galapagos, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles de Halmahera, Sulawesi, Bornéo.  Il fera face à un cylone en plein mer, à des guerriers extrémistes sur une île, à une tornade sur une autre qui lui détruira au passage une partie de son matériel. 

Il passe par les Maldives pour rejoindre le continent africain, la Somalie étant la porte d'entrée de l'Afrique sur la ligne de l'équateur. 

Le Kenya, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo, et enfin le Gabon qui termine la boucle de son périple.  Il voit ainsi la famine ravager le continent et les guerres intestinales entre tribus ethniques différentes.  Il en profite aussi pour escalader le Mont Kenya, traverser le Lac Victoria en pirogue toujours dans le but de ne pas s'écarter de la ligne imaginaire de l'équateur.

Mike Horn nous explique tout, ne nous cache rien. Les liasses de dollars payées aux douaniers cons et bornés pour passer d'un état à un autre, les deals avec les trafiquants de tous pays pour sauver sa vie, mais aussi l'entraide spontanée dont l'être humain est capable.  Il a aidé une femme à mettre son bébé au monde, a accompagné les dernières heures d'un villageois qui se mourrait tandis qu' une tribu lui a offert le gite et le couvert le temps d'une nuit. 

Il nous donne des conseils: comment traverser le fleuve Amazone sans se faire dévorer par les pirahnas, comment choisir l'arbre qui accueillera le hamac pour la nuit afin de se protéger des jaguars, comment semer des poursuivants mal intentionnés dans une forêt primaire. 

J'aime son écriture; elle est solide tout comme lui. Pas de fioritures, seulement les mots essentiels pour décrire une situation.  Cela ne l'empêche pas de nous fournir maints détails qui ont leur importance. Si un jour je me retrouve dans une situation de survie, je trouverais la réponse dans un coin de mon cerveau pour l'avoir lu "quelque part". Enfin, j'espère.

Pour l'heure, je souffre de la mini-déprime qui suit immanquablement à chaque fois que je dévore une histoire qui me prend les tripes.  Je suis vidée, un peu comme si j'avais parcouru moi-même ce tour du monde et je vais attendre deux ou trois jours avant d'entamer une nouvelle histoire.

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                                              Kaay à Mayotte