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Je n'entends rien à la peinture. A la peinture en général. Quand on me demandait de dessiner un soleil en classe de maternelle, le mien ressemblait à une grand-mère en bigoudis qui se serait mis les doigts dans la prise. La maîtresse se demandait ce que j'avais bien voulu représenter, et je décidais pour le restant de ma vie que je détestais les sujets imposés.  Notez bien que pour les sujets libres, j'étais tout aussi embétée et un jour, après une énième crise de larmes, je décidais que je détestais dessiner tout court.

J'ai entendu dire un jour qu'il fallait souffrir pour créer. Sans aucun doute, j'ai eu une vie sans souffrance pour pouvoir prétendre créer quoique ce soit, ne serait-ce qu'un plat cuisiné.      Mais je reste persuadée qu'il existe des êtres malheureux qui n'ont aucun talent et qu'il y a des êtres sans problème qui créent de très belles choses.  Enfin, ça, ça n'engage que moi. Je fais juste partie des personnes sans problème qui ne créent rien du tout, et ça ne me pose aucun problème d'ailleurs. 

Je n'entends rien à la peinture, disais-je. Je distingue pourtant trois groupes: le premier est celui des tableaux qui me plaisent, de ceux que je mettrais sur les murs de ma case, parce que les couleurs sont harmonieuses, et que la scène signifie quelque chose pour moi.

Le deuxième est celui ou je n'aime pas du tout: c'est moche, ça me rappelle le tableau de biches buvant à l'étang accroché au mur de ma grand-mère (ou peut-être était-ce un tapis, je ne sais plus) et ce genre de truc ne passera jamais la porte d'entrée. 

Et le troisième groupe est celui ou le tableau me laisse perplexe: Le genre ou l'artiste a peint un rond bleu sur un fond vert, ou une bande jaune sur un fond rose. C'est un exemple, hein, vous voyez ce que je veux dire.  Si les couleurs me parlent, je pourrais me laisser tenter dans un instant d'euphorie, mais je ne suis pas certaine que j'aimerais regarder cette oeuvre tous les jours dans mon salon.      

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L'image que je me fais des artistes en général, et des peintres et sculpteurs en particulier est celle de personnes maussades, au caractère ombrageux, de grands timides à la limite de l'associabilité.      

J'ai eu l'occasion dans la semaine de parler avec le peintre  MARCEL SEJOUR et l'étonnement fut à son comble quand je m'aperçus que l'homme était jovial, courtois, bavard et cultivé, curieux doublé d'un grand voyageur.

Avant de connaître, encore que connaître est un bien grand mot puisque notre discussion dura en tout une demi-heure, avant donc de voir l'homme en réalité, j'aimais déjà ses peintures. Ses scènes de vie mahoraise sont colorées, joyeuses, drôles, émouvantes et je situe la peinture de Marcel Séjour dans le premier groupe cité plus haut.       

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A quelqu'un qui me demandait ce qu'il pouvait rapporter de son voyage à Mayotte, je l'orientais vers ses peintures. Plus qu'un objet ou un bibelot, un tableau invite au voyage permanent avec l'impression d'y être encore. Ou plutôt d'être DEDANS; lorsque je regarde le tableau du dessus, je ne regarde pas une image sur écran glacé, je suis dans la rue avec les bouénis. 

Mais j'avoue, j'avoue: j'ai un faible pour sa série sur LES ZÉBUS et je verrais bien une dame zébu (e) sur un mur de ma chambre.

Le peintre Marcel Séjour expose ses oeuvres au M'Biwi Café à Majicavo du 13 novembre 2008 au 9 décembre 2008. Le vernissage aura lieu le 12 novembre à 18h30, et je compte bien m'y rendre pour vous raconter tout ça.

Photos prises sur son blog, avec son aimable autorisation.

                                           Kaay à Mayotte