25 juin 2009
Le prix du Blanc...
Lucien est originaire d'une petite ville de province du nord de la France, et il vit à Mayotte depuis des années. Plusieurs années. Deux dizaines d'années en réalité.
Il a épousé une mahoraise devant Mr le Maire du village et ils ont ensemble une petite fille. Pas avec Mr le Maire, avec sa femme. Oui, enfin vous avez compris: pas non plus avec la femme de Mr le Maire, Lucien a eu une fille avec sa femme mahoraise. Bref.
Il y a quelques années, l'idée vint à Lucien d'acheter un terrain sur l'île. Il fait donc les démarches nécessaires, visite les agences, demande autour de lui, et à chaque fois, la réponse est la même: il n'y a pas de terrain à vendre sur Mayotte. Oui, sauf que régulièrement il apprend par sa femme que un tel vient d'acheter un bout de terre et que l'autre un tel a un terrain à vendre. Mais dès qu'il se propose d'acheter, il n'y a plus rien.
Lucien met des mois avant de comprendre que sa couleur de peau est en cause. Il est Blanc, il est étranger et pour les mahorais, il n'est pas question de vendre la terre à un Blanc. Ou alors, très cher.
Alors Lucien fait ce que tout le monde aurait fait à sa place: il envoie sa femme chercher un terrain à acheter et, finaude, elle se présente à chaque fois avec son oncle, qui a donc la même couleur de peau qu'elle.
Quelques jours après, la femme a trouvé un terrain de rêve: 1 500 m2 de terre à 200 m d'une plage. Tout ceci pour 25 euros le m2. Une paille, quand on sait que les prix proposés aux Blancs sont plutôt dix fois plus élevés.
Je n'ai pas tous les détails de l'affaire, mais Lucien me raconte que ce n'est qu'au moment de signer chez le notaire que le vendeur à voulu se rétracter, voyant la couleur de peau du m'zungu. Oui, mais c'était trop tard: le compromis de vente était également signé, et j'imagine que de l'argent avait été versé en accompte. Argent qui a dû être dépensé peu de temps après, ce qui fait que le vendeur n'avait pas le choix que d'aller jusqu'au bout de la vente.
Lucien se félicite; il a fait une belle affaire. Mais il a perdu ses illusions au passage: lui qui se croyait intégré à la société mahoraise, il a pu voir que "ses amis" ne voyaient en lui qu'une couleur de peau différente, et une richesse différente également.
Lui qui ne se préoccupait pas du tout des prix pratiqués à Mayotte s'est rendu compte dans la foulée que le prix qu'il payait ses tomates ou sa salade au marché était plus élevé que lorsque c'était sa femme qui allait acheter la même chose. Lamentable. Oui. Dégueulasse. Oui aussi.
Il faut juste savoir que les prix sur le marché ne sont pas affichés. Aussi, le prix est en fonction de la couleur de la peau. Et il ne sert à rien de discuter, vous ne connaîtrez pas le prix réel, sauf si vous envoyez une bouéni faire le marché à votre place. Et encore, elle-même pourrait vous prendre une petite commission au passage pour le service rendu. Parce que c'est bien connu, le Blanc est riche.
Gageons ensemble si vous le voulez que la départementalisation prévue en 2011 changera les choses. Il parait évident qu'un propriétaire de terrain sera obligé de vendre selon les lois du marché et qu'une vendeuse de primeur se devra de mettre une petite affichette avec les prix des marchandises.
Mais alors, qui paiera le prix réel ... les mahorais ou les blancs ???
Il y a onze ans, quand j'ai quitté la métropole pour les îles, un ami antillais m'avait dit: tu verras, tu vas vivre le racisme à l'envers, ça peut être marrant...!!
Il avait raison, je suis morte de rire.
Kaay à Mayotte
Commentaires
C'est vrai que c'est super drôle ...
...Mais je ne suis pas sûre quie la départementalisation change quoi que ce soit ! Ici les prix sont bien affichés mais pour les touristes ou les blancs et nous avons les prix antillais quand le vendeur nous voit depuis un petit moment, d'où l'intérêt de voir toujours le même maraichers !!! Mais, bon , c'est peut être le prix à payer pour vivre sous les cocotiers !!
Ha oui c'est certain!
Les bouenis elles te font de grands sourires même si tu vas toujours chez les mêmes mais elles te roulent quand même!
Mais remarque elles prennent l'argent la ou il est aussi!
C'est pareil ici à Papeete, c'est dans toutes les îles.
La départementalisation n'y changera rien, a mon avis.
Si tu regardes les prix pratiqués à shopi, à sodifram (dont les proprios sont des Grecs!)eux aussi en profitent au maximum.
Bonne journée quand même.
Bises.
Laurence
Mon premier taxi...
Mon premier taxi à Mayotte m'a couté 5€ pour faire le trajet entre l'arrivée de la barge et le loueur de voiture à Kaweni... J'avais bien senti dans l'hésitation du chauffeur en m'annonçant le prix de la course qu'il y avait un pb ;)
5 minutes après, je connaissais le prix du trajet grâce au loueur... 1€ !
Bonjour
Le racisme à l'envers n'est pas si à l'envers que cela. Un retournement des choses pour certains. Mais il faut reconnaitre que nous n'avons pas été des oies blanches en la matière. Le blanc a des pages d'histoires qui disent les problèmes créés par ce fichu racisme qui gache les bons rapports entre être humains. C'est vraiment dommage que de part et d'autres nous ayons cette bien vilaine habitude de montrer cette attitude raciste envers nos semblables.
Heureusement il y a encore de braves gens de partout...
C'est marrant, on m'a rapporté une expérience faite avec deux métropolitains : ils ont tous les deux été acheter du pain et n'ont pas eut le même prix. C'est vrai que l'un des deux est originaire d'Afrique et donc noir de peau.
J'ai également connu le même état d'esprit au pays basque, quand j'accompagnais ma grand-mère au marché. Mais là-bas au moins on pouvait finir par être intégré.
J'aurais cru que les m'zungus qui vivent avec des mahorais finissaient par être admis.
Bon courage Lucien...
Le racisme n'a pas de couleur
He oui, on voudrait nous faire croire que le racisme est blanc. Mais il faut bien l'avouer le racisme n'a pas de couleur et il n'est pas l'exclusivité des blancs.
Où que l'on soit, on est toujours l'étranger de quelqu'un...
Manu...
oui, comme tu dis, c'est le prix à payer pour vivre sous les tropiques.
Je ne sais pas trop ce que SOS Racisme dirait si sur les marchés de France, il y avait des prix pour les Noirs et des prix pour les Blancs.
Non, je ne sais pas trop...
Laurence...
elles prennent l'argent ou il est, je suis d'accord sur le principe, comme pour les impots.
Seulement, le mahorais qui bosse au Conseil Général et qui se fait 7 500 euros de salaire, il paie ses tomates et son terrain au prix mahorais.
Par contre, le m'zungu payé au tarif local,il paie plein pot.
Parce qu'il est Blanc.
Ouais, Matt, le coup classique, celui du taxi.
En même temps, les prix ne sont pas afichés non plus dans les taxis, alors les touristes paient le double ou le triple...!!
A bientôt Matt
Sonja...
d'accord avec Fifileboss plus loin: le racisme n'a pas de couleur, crois-moi.
Alors, les trucs comme quoi les Blancs ont pleins de choses à se reprocher, les Noirs en ont autant. Mais il n'est pas politiquement correct de le dire...!!
Ce qui ne retire rien au fait que les hommes, en général, sont des beaux salauds avec le reste de l'humanité qui ne le ressemble pas.
Vincent...
Lucien aussi croyait être parfaitement intégré sur Mayotte.
Hélas, cette histoire lui a démontré qu'il restera toujours un étranger aux yeux des mahorais.
C'est pour ça que je me marre bien quand je lis sur les forums des wazoungous qui prétendent vivre "à la mahoraise" en pensant qu'ils font partie du village ou de la famille.
Ils ne sont pas autre chose que des passants qui restent quelque temps et repartent peu après.
Ce qui n'empèche pas les mahorais d'être très serviables et aimables dans tous les cas.
Mais quand il est question d'argent, l'amabilité n'a plus court. C'est la couleur de peau qui compte.
fifileboss...
bien dit, c'est exactement ça. Comme on est toujours le pauvre ou le riche de quelqu'un, on est également l'étranger d'un autre.
Bonne soirée, sur les paroles de Mickael Jackson qui chante à la TV ce soir.
excuse ;-)
Je ne savais pas qu'un Mahorais du conseil général pouvait gagner autant! Et mérite-t-il vraiment un salaire aussi faramineux,j'en doute!
Certes c'est beaucoup plus qu'un m'zungu! excuse moi je pensais que seul les expats étaient largement payés au vu de l'éloignement. on nous aurait menti!
Allez bon week-end quand même.
Bises
Laurence
Il est certain que vu ce qu'on fait subir certains de mes élèves à un élève rwandais ( adorable et travailleur lui ... )le racisme existe ici aussi et pas uniquement pour la couleur de peau.
Je préfère ne garder en souvenir que les rencontres sympathiques ici, les imbéciles il faut les laisser de coté même si ils nous pourrissent la vie.
Laurence...
non non, les mahorais ne sont pas aussi pauvres qu'ils en ont l'air, crois-moi.
7 500 euros, c'est sans la voiture , les billets d'avion et les téléphones portables qui vont de pair avec la fonction, bien sûr...!!
Severine...
oui, tu as bie raison, parce que de toutes façons, c'est toujours ce qu'on retient d'un voyage: les bons moments vécus.
A bien réfléchir...
... le raciste,c'est bien sûr l'AUTRE !
Mais l'Autre c'est qui ?
Ben c'est le Noir,
le Blanc,
le Riche,
le Pauvre,
Vous,
Moi...
Moi! Mais alors qui suis-je?
Ne troublerais-je pas l'Autre par ce que je suis?
Je lui souris.
Il me sourit.
Je lui fais la grimace.
Il me fait la grimace.
Tiens, tiens, l'Autre c'est un Miroir.
MON miroir.
VOTRE miroir !
(Autoportrait FA, expo BDP Mamoudzou du 4 au 16 Septembre 2009)
Oh, les pauvres
Franchement, cela me fait toujours marrer quand je lis ce genre de commentaire. Tout d'abord, il faut comprendre une chose: à Mayotte, une parcelle a une importance ultime car elle est liée à un futur chez-soi. Une personne qui possède des parcelles les priorisent ainsi: d'abord pour ses filles (cela est lié à la matrilocalité et matrilinéarité), puis ses fils. S'il y a un surplus, et qu'il y a un besoin quelconque d'argent, la personne pensera à le vendre. Jamais, cependant, ne verrez-vous des panneaux "terrains à vendre", en tout c'est rarissime. Pourquoi? parce que, il faut mériter le terrain. Et c'est la préference locale qui prévaut. Il est difficile de laisser une parcelle appartenant aux aieuls (pas aïeux mais bien aïeuls) à quelqu'un qui risque de ne pas la respecter. Dans quel sens? l'urgence est la construction pour les enfants et étant donné que les terrains manquent, on préfère les vendre aux locaux. C'est comme ça. On pense que les étrangers (est étranger celui qui n'est pas mahorais: comorien, métro, malgache...) achètent le terrain pour exploiter. On se dit alors qu'en même temps, un frère mahorais n'a rien pour assurer lavenir de ses enfants.
Voilà, à partir de là, vous me direz que oui ça vous conforte dans votre idée de racisme. Et ben non. J'ai l'impression que le terme "raciste" est souvent un raccourci face à une difficulté. Car si l'on considère l'autre comme notre égale dans sa part de singularité, on est capable de mettre à la poubelle les mots-suisse tel que "raciste". d'ailleurs, en Métropole, ce discours est toujours considéré comme étant archaïque. Par exemple: je suis noir, je vais chercher à louer un appartement.... (je pense que vous connaissez la suite.) Un autre exemple: au crous, on m'a avoué que certains locataires donne des instructions sur le type de personnes à exclure de leur offre (ils ont des codes pour ça). Un jours je vais au crouus, à l'accueil à peine j'arrive qu'on me dit: la queue pour les titres de séjours c'est à côté; et moi: "d'accord, et ceux pour les boursiers français?". Bref. Si comme vous je sautais sur le terme "raciste", on se fouterait de moi, car c'est pas d'actualité. Pourtant on n'aura aucun mal à m'étiqueter de "minorité visible", terme par excellence raciste du coup. Car étant français, je ne suis pas un sous-français par rapport à un groupe de "français authentiques." Appellerions-nous les mouzoungou "minorité parno"?
Donc, si ce cher monsieur n'a pas eu de chance, au moins il a compris que ces pratiques ont un fondement, aussi primitif soit-il. Maintenant taxer de raciste, non, trop court pour moi. Allez à la Réunion, et informez-vous sur ce qu'ils appellent la "préférence locale"
Moi, je vis en Métropole, ce que vous appelez racisme, pour moi est de la simple ignorance. Certains Métros à Mayotte estime qu'ils ne doivent rencontrer aucun problème parcequ'ils sont sous les tropiques. Mon Dieu, et nous on doit dire quoi?
YAz
Yaz...
d'accord et pas d'accord avec toi:
je cite l'exemple de Lucien parce que justement, il est intégré, ou se croyait intégré à la population mahoraise, du fait de son mariage et de sa petite fille métisse.
Si on suit ton raisonnement jusqu'au bout, Lucien est un père qui veille à ce que sa fille possède son lopin de terre. Sa fille à moitié mahoraise, donc.
Je ne vois pas en quoi il diffère des mahorais du cru qui veillent aussi à ce que leurs filles aient un bout de terrain.
Donc, il faut être mahoraise couleur foncée pour prétendre posséder sa parcelle. Si nous ne tenons pas la définition du racisme, c'est que je n'y comprends pas grand chose, alors...
Je ne parle pas des "étrangers" qui seraient susceptibles d'exploiter la terre, comme tu dis, encore que je ne comprends pas le sens que tu octroies à ce mot. Exploiter dans quel sens..??
D'accord avec toi pour ceux qui s'amènent sur l'île, des billets pleins les poches et raflent le peu de terrains constructibles pour y bâtir des résidences affreuses et les louer très cher.
Mayotte est un choix réel pour nous tous ici, je parle des blancs, tout comme la métropole est un choix pour les mahorais qui vont y vivre. Nous rencontrons de part et d'autres des difficultés à s'intégrer à la population locale.
Il ne s'agit pas de faire du nanalèreleuleu...du style, chez vous c'est pas mieux.
Non, chez nous, ce n'est pas mieux, loin de là et tu cites l'exemple de la difficulté de ta couleur pour trouver un appartement. Mais ça ne m'empêche pas de trouver ça injuste, et des deux côtés.
Bonne soirée à toi Yaz et merci de ta contribution à cette note.
Oui, je veux bien. Mais le problème c'est que le mot raciste est un raccourci. Car être intégré ou pas (j'en connais quelque chose, toutes mes belles-soeurs sont métropolitaines) ne signifie pas un traitement privilégié. Nous tous, mahorais ou pas, rencontrons les mêmes problèmes, en tout cas en ce concerne le problème des parcelles. Aujourd'hui, les parcelles se font rares, donc les familles se les gardent déjà pour elles avant de penser à les vendre. Je persiste et signe, nous ne sommes pas dans du racisme. Les exemples que je vous donnais par rapport à la Métropole, visaient à faire jaillir le côté ridicule de ce terme. Car les personnes en face ne sont pas des racistes mais des ignorants nourris de préjugés. Cette manie de toujours faire référence à la couleur de peau me semble peu adapté à notre île. C'est en fait une tentave de transposition de problème par exemple fréquent dans les Caraïbes. Votre ami n'a pas eu de chance, et c'est triste. Est-ce là du racisme ou de la connerie? Car, si on pousse plus loin votre raisonnement, on pourrait lui faire payer le prix fort juste parce qu'il est blanc, et pourtant non. S'intégrer est aussi tenter de comprendre la manière de pensée des autochtones, aussi niaise ou limitée soit-elle. A ce moment-là il découvrira qu'on peut faire toute une étude sociologique sur la valeur d'une parcelle et sa transmission (songez à la chanson de J.Raymond Cudza: "balahé mlémba"). Concernant le terme "étranger", ce que j'ai essayé de vous expliquer est que chez le mahorais, il me semble qu'est étrangère toute personne non mahoraise. Là, ce n'est pas dans son sens fort (comme par exemple "clandestin"). Cependant, sachez qu'en mahorais on a le même mot pour dire "étranger" et "invité." Lorsque je rencontre des difficulté en Métropole, bizarrement ce n'est pas le mot "raciste" qui me vient à l'esprit: je considère d'abord la situation, l'évalue et tente de relativiser. Lucien est arrivé dans un monde qu'il ne maîtrise pas encore. A Mayotte, les traditions, les coutumes persistent. Elles ont un ancrage tellement fort que celui qui les ignore s'égare dans les phrases toute faites: "c'est du racisme". Si vous êtes intégré comme vous le dîtes, vous êtes comme moi, et donc ne devez pas avoir recours au discours stérile de racisme. Non, je pense qu'on est dans quelque chose d'ancestral. Les parcelles se vendent de bouche à oreille: ne trouvez-vous pas ça bizarre? Pourquoi, alors qu'on peut se faire de la maille avec les "métro friqués"? Franchement, réflechissez là-dessus, mais évitez le terme raciste, trop désuet et dénué de sens à mon avis. Le malheur de ce cher Lucien hélas, c'est que la famille de sa femme n'a pas de parcelle. Si mes parents n'avaient pas hérité de parcelles, je serais dans la même situation que lui, ainsi que mes neveux et nièces métisses. Serait-ce aussi du racisme?
Vous vous focalisez trop sur la couleur, c'est agaçant. Tout ne va pas se régler avec ce terme bon sang. Injustice? je veux bien. Racisme? non. Maintenant si cela vous plaît de croire que c'en est bien, alors continuez et dîtes-moi si cela l'aidera.
Cela veut-il dire qu'aucun Métropolitain n'a pu acheter de terrain à Mayotte? Trop facile. Je me répète mais ce discours est trop archaïque et surtout.... simpliste.
YAz
P.S: Je trouve votre emploi de "blanc" incongru et sans interêt. Ce n'est pas dans notre coutume de parler de couleur. "M'zoungou", contrairement à ce qu'on croit, signifie à l'origine, celui qui vient de la mer. Je pose quand même une nuance entre M'zoungou/blanc. Cela ne joue pas sur les mêmes référentiels. "Blanc" me semble souligner une différence, trace donc une dichotomie, une frontière difficile à franchir avec, disons-le, "noir." "M'zoungou" sur l'origine. D'ailleurs j'ai été étonné quand ma mère a parlé de "M'zoungou" pour désigner le mari d'une de mes soeurs qui est, tenez-vous bien, martiniquais. Donc quand vous dîtes "blanc", on ne ressent pas l'intégration mais la mise en exergue de la couleur de peau. Reagrdez, les comoriens sont aussi noirs que nous, et pourtant, ils rencontrent la même difficulté que Lucien. C'est de l'injustice, de la bêtise, et non du racisme.
Yaz...
ok, vous avez raison sur toute la ligne.
ne le prenez pas comme ça. On est dans une construction de la réflexion. Désolé si je m'y prends mal.
Yaz...
je dis simplement qu'il y a des parcelles de terre à vendre, mais qu'elles n'ont pas le même prix selon qu'elles sont vendues à des mahorais ou à des m'zungus.
La terre est rare pour tout le monde, et pas que à Mayotte, mais faire une échelle de prix suivant la couleur ou l'origine de l'acheteur, ça me semble un peu...du coup, je ne trouve pas le mot qui convient...mais me parait un peu "louche", vois-tu.
Je suis très certainement naïve, mais je pense que, quand le propriétaire normand ou basque ou corse, comme tu veux, vend une partie de ses terres, il le fait suivant la loi du marché et non pas selon l'origine de l'acheteur.
Je me suis trompée sur le mot m'zungu, c'est d'accord. Quand je questionne mes amies mahoraises sur la signification du mot, elles me précisent "étranger", mais européen avant tout. Et je n'ai jamais entendu un comorien se faire appeler m'zungu, ce serait plutôt Cousin.
Les Antillais sont des m'zungus, oui, parce que pour les mahorais, ils sont trop "blancs" dans la tête. Trop français.
Quant au fait d'être "culturel" pour beaucoup de choses, je te rappelle que je travaille dans une pharmacie, que je sers des centaines de gens par jour et que j'ai des collègues mahorais.
Le riz, c'est culturel, le m'biwi, c'est culturel, le déba, c'est culturel, mais le fait de vendre sa terre au prix fort à un étranger, je ne vois pas ou c'est culturel. Tout comme le fait de vendre les tomates à un prix différent selon l'origine du client.
Et ça fera l'objet d'une note, mais le téléphone portable ainsi que la télé, ce sont des choses qui ne sont pas culturelles à la base, à la société mahoraise mais dont les mahorais sont ravis d'avoir pris l'habitude.
Donc, le côté culturel, si j'ai bien compris, c'est quand ça arrange...!!
Ne le prends pas personnellement Yaz, nous sommes là aussi pour pointer du doigt les aberrations de certaines choses.
A l'image des anglais ou des américains quand ils écrivent un article sur les français, la plupart du temps ils ont raison, même si ça ne plait pas à tout le monde.
En métropole, tu dois voir des choses qui fâchent comme des choses plus marrantes. Nous avons très certainement des habitudes sur plein de choses qui peuvent paraitre ridicules aux yeux des autres.
Sur mon blog, j'essaie de présenter la société mahoraise avec un côté comique, un côté un peu BD, mais les injustices font aussi partie de la vie de tout le monde sur terre, et Mayotte est touchée par ça aussi. Donc, je me vois mal me taire sur certains sujets.
Pour finir, je te reprends juste sur une phrase de ton commentaire: je n'ai jamais prétendue être intégrée ici. Je n'ai jamais cherché non plus, mon instinct me soufflant très certainement que ce serait peine perdue.
Jobserve, je teste, je note, à la manière d'un ethnologue de pacotille, mais jamais je ne prétendrais faire partie de la société mahoraise.
Merci Yaz, bonne soirée et fais un blog sur la société française, il est bon souvent de remettre les choses à leur place et on en apprendrait certainement de vertes de pas mûres sur nous.
A bientôt
racisme mouzougou
quelle surprise de voir ces commentaires, c'est tout à fait ce que je vis depuis des années que je cherche un terrain à louer ou acheter à Mayotte. J'avais de bonnes intentions (je voulais aider les mahorais à s'en sortir au niveau prix des consommables) dans la construction. Et bien voyez-vous mes intentions se sont envolées et je me placerais dans la course avec les indiens, et ma foi je ferais mon business sans états d'ames dommage!!!! mais la réalité m'a rattrapé.
A bientot peut-étre sur Mayotte
Et oui, c'est la dure réalité des choses: vous n'êtes pas seul dans ce cas et on peut comprendre effectivement les Indiens de se montrer un peu requin sur les bords puisque tôt ou tard le m'zungu ira vers lui.
Bon courage pour la suite
prix
bonjour je c'est que je suis hors sujet mais il est a combien le m2de terrain a mayotte?
Dimitri...
aucune idée du prix, désolée.
Renseignez-vous auprès des agences, elles doivent savoir ça, j'imagine.
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