27 juin 2009
Trucs de dernières minutes...
En vrac et pas vraiment dans l'ordre, pour passer un bon séjour ou de bonnes vacances.
SMCI Peugeot à Kawéni peut vous réserver une voiture à votre sortie de l'aéroport, moyennant finances évidemment.
700 euros pour 3 semaines de location sur la métropole, ça peut valoir le coup pour une famille. Kilométrage illimité, sans caution, juste avec votre carte bleue internationale et un billet d'avion AR sur Mayotte. Voiture neuve, tout confort, sortie d'usine. Finalement moins cher que le train pour une famille de quatre, et sur place, on est indépendant.
Il parait que le truc fonctionne dans tous les DOM-TOM. Et ça évite de déranger tonton Paul qui est bien aimable ma foi, mais qui s'est levé à 2h du mat' pour venir vous chercher à 6h à l'aéroport. Povre vieux...zavez pas honte...!!
Pensez au prétage de maison pour les vacances. Vous partez en laissant la maison vide, les autres arrivent en ne sachant pas trop ou aller, un peu d'humanité dans ce monde de brute serait bienvenu.
Pas de société qui s'occupe de ça sur Mayotte, c'est bien dommage car on ne sait pas trop ou s'adresser en cas de départ précipité. Des deux côtés, d'ailleurs...!!
Essayez MALANGO ÉCHANGE DE MAISON ET COLOCATION, il y a plusieurs annonces pour les vacances.
MAYOTTE ON LINE aussi, qui propose des maisons ou appartement à louer pour juillet-aout.
C'est le moment aussi de vendre tout ce que vous ne voulez plus. Les meubles, électroménager, la HI FI, les brosses à dents presque neuves...les meilleures affaires se faisant la veille du départ, au moment ou la femme panique parce qu'elle n'a pas tout vendu et que son container est déjà parti. Les requins des affaires arrivent ce jour-là pour vous acheter le reste du stock à un prix ridicule. Ainsi, une voiture C3 qui devait partir à 8 000 euros s'est vu brader la veille du départ à 6 000 euros parce qu'elle n'avait pas trouvé preneur.
Certains petits malins achètent tout en juillet, pas très cher et revendent tout en août, avec une belle plus value, aux arrivants qui s'aperçoivent que le container qui devait arriver demain, n'arrivera que dans 3 semaines. Et qu'il leur faut en urgence une gazinière et un frigo. Faut avoir l'esprit comptable et ce n'est pas donné à tout le monde.
J'ai, pour ma part, acheté un téléphone fixe, sans fil parce que j'en avais besoin. Oui, mais la personne qui me l'a vendu a eu l'indélicatesse de prélever les piles avant de me le vendre. Mesquin. J'ai largement les moyens d'acheter plusieurs paires de piles, mais j'ai trouvé le geste peu courtois. Surtout, j'ai été vexée de ne pas avoir pensé à regarder ce détail. C'est vraiment le genre de truc qui m'échappe.
Bon, je crois que c'est tout pour ce soir. Ah non: la belle wouature qui figure sur la photo de cette note à un auto-collant OM à l'avant et un autre PSG à l'arrière. Ainsi qu'une jolie poupée aux cheveux de soie qui trône sur le capot arrière. Y a comme un truc qui cloche, nan ??
Allez, je vous souhaite quand même un bon week-end
Kaay à Mayotte
25 juin 2009
Le prix du Blanc...
Lucien est originaire d'une petite ville de province du nord de la France, et il vit à Mayotte depuis des années. Plusieurs années. Deux dizaines d'années en réalité.
Il a épousé une mahoraise devant Mr le Maire du village et ils ont ensemble une petite fille. Pas avec Mr le Maire, avec sa femme. Oui, enfin vous avez compris: pas non plus avec la femme de Mr le Maire, Lucien a eu une fille avec sa femme mahoraise. Bref.
Il y a quelques années, l'idée vint à Lucien d'acheter un terrain sur l'île. Il fait donc les démarches nécessaires, visite les agences, demande autour de lui, et à chaque fois, la réponse est la même: il n'y a pas de terrain à vendre sur Mayotte. Oui, sauf que régulièrement il apprend par sa femme que un tel vient d'acheter un bout de terre et que l'autre un tel a un terrain à vendre. Mais dès qu'il se propose d'acheter, il n'y a plus rien.
Lucien met des mois avant de comprendre que sa couleur de peau est en cause. Il est Blanc, il est étranger et pour les mahorais, il n'est pas question de vendre la terre à un Blanc. Ou alors, très cher.
Alors Lucien fait ce que tout le monde aurait fait à sa place: il envoie sa femme chercher un terrain à acheter et, finaude, elle se présente à chaque fois avec son oncle, qui a donc la même couleur de peau qu'elle.
Quelques jours après, la femme a trouvé un terrain de rêve: 1 500 m2 de terre à 200 m d'une plage. Tout ceci pour 25 euros le m2. Une paille, quand on sait que les prix proposés aux Blancs sont plutôt dix fois plus élevés.
Je n'ai pas tous les détails de l'affaire, mais Lucien me raconte que ce n'est qu'au moment de signer chez le notaire que le vendeur à voulu se rétracter, voyant la couleur de peau du m'zungu. Oui, mais c'était trop tard: le compromis de vente était également signé, et j'imagine que de l'argent avait été versé en accompte. Argent qui a dû être dépensé peu de temps après, ce qui fait que le vendeur n'avait pas le choix que d'aller jusqu'au bout de la vente.
Lucien se félicite; il a fait une belle affaire. Mais il a perdu ses illusions au passage: lui qui se croyait intégré à la société mahoraise, il a pu voir que "ses amis" ne voyaient en lui qu'une couleur de peau différente, et une richesse différente également.
Lui qui ne se préoccupait pas du tout des prix pratiqués à Mayotte s'est rendu compte dans la foulée que le prix qu'il payait ses tomates ou sa salade au marché était plus élevé que lorsque c'était sa femme qui allait acheter la même chose. Lamentable. Oui. Dégueulasse. Oui aussi.
Il faut juste savoir que les prix sur le marché ne sont pas affichés. Aussi, le prix est en fonction de la couleur de la peau. Et il ne sert à rien de discuter, vous ne connaîtrez pas le prix réel, sauf si vous envoyez une bouéni faire le marché à votre place. Et encore, elle-même pourrait vous prendre une petite commission au passage pour le service rendu. Parce que c'est bien connu, le Blanc est riche.
Gageons ensemble si vous le voulez que la départementalisation prévue en 2011 changera les choses. Il parait évident qu'un propriétaire de terrain sera obligé de vendre selon les lois du marché et qu'une vendeuse de primeur se devra de mettre une petite affichette avec les prix des marchandises.
Mais alors, qui paiera le prix réel ... les mahorais ou les blancs ???
Il y a onze ans, quand j'ai quitté la métropole pour les îles, un ami antillais m'avait dit: tu verras, tu vas vivre le racisme à l'envers, ça peut être marrant...!!
Il avait raison, je suis morte de rire.
Kaay à Mayotte
12 juin 2009
Salima...
Salima à 35 ans. Elle a six enfants, dont le premier à 18 ans et le dernier 6 ans. Elle n'est pas veuve, elle a un mari mais celui-ci disparaît régulièrement de la maison pendant plusieurs mois ou plusieurs années, au gré des grossesses de sa femme. Ali reste le temps que sa femme mette le petit au monde, puis disparaît à nouveau quand le petit fait ses premiers pas.
Et dès qu'il revient, une nouvelle grossesse se met en route. Et c'est une histoire sans fin.
Salima travaille donc pour nourrir sa famille. Elle fait des ménages chez un m'zungu qui la paie convenablement. Elle a 180 euros à la fin du mois pour payer ses factures et nourrir ses enfants. De temps en temps, son employeur lui donne une prime, notamment au moment de Ramadan. C'est dur, mais Salima arrive à boucler les fins de mois.
Mais elle n'a pas le moral aujourd'hui: je la vois en pleurs, inconsolable. Alors elle me raconte ses malheurs. Ses filles de 14 et 16 ans sont sorties toute la nuit faire la fête avec des garçons, et elles ne travaillent pas à l'école ni à la maison. Je connais Salima, et je sais qu'elle se tue à la tâche pour faire vivre ses enfants. Elle souhaite que ses petits puissent faire des études pour avoir un métier plus tard afin qu'ils ne galèrent pas comme elle le fait. Aussi, elle voit d'un très mauvais oeil les fréquentations de ses deux filles. Elle les bât quand elles reviennent de leurs nuits, mais il n'y a rien à faire, les filles sont jeunes, jolies et entendent bien profiter des largesses des hommes " elles vont me ramener des petits à la maison, et alors, qu'est-ce que je pourrais faire..."
J'écoute, je hoche la tête, mais je ne sais pas quoi lui dire. Comment on éduque de jeunes fugueuses ?? il est certain que les coups qui pleuvent n'arrangent rien; elle voudrait faire mais ne sait pas.
Pour ajouter à son malheur, elle a appris hier que son mari s'était marié avec une cousine à elle sur l'île de Mohéli, à quelques kilomètres de Mayotte. Son mari s'est remarié, sans rien lui dire, sans aucune explication. Elle qui l'attendait encore. Elle se console en se disant que la cousine aura la même vie qu'elle, mais que c'était dur ce matin de se lever...
Salima s'excuse de pleurer devant moi, se reprend et me dit avec un sourire: heureusement, mon fils aîné est le petit homme de la maison, il m'aide bien et veut être agriculteur dans quelques années, tu sais...
Puis, elle essuie ses larmes, remet son salouva en place, son kichâle sur la tête et s'en va travailler fièrement.
Kaay à Mayotte
P.S: habitants de Petite-Terre, si vous cherchez une femme de ménage, sachez que Salima cherche des heures à faire et qu'elle est volontaire, denrée rare s'il en est à Mayotte. Contactez moi si vous voulez plus de renseignements.
05 décembre 2008
Les timbres...
PLus trop le temps d'écrire sur le blog ces temps-ci, aussi je me contenterais de vous mettre quelques photos de mes derniers achats en matière de timbres. Voici les fêtes de fin d'année qui approchent et l'occasion se présente d'envoyer des gentils mots à la famille et aux amis avec des timbres qui évoquent le soleil et les couleurs des tropiques.
Je me mets toujours à la place de l'employée de France Télécom quand elle reçoit les chèques de paiements des habitants de Mayotte, ça doit la changer des timbres quelconques avec la Marianne.
Ici, pas de roses ni de géraniums mais des hibiscus. C'est joli, non ??
Et la saison des mariages est terminée mais on peut toujours revivre cette émotion à travers ce petit carré illustré.
A vos stylos et bon week-end à tous
Kaay à Mayotte
09 septembre 2008
Au ralenti...
Vous le savez, nous sommes dans le mois du Ramadan. La ferveur religieuse bât son plein, les mosquées sont allumées jusque tard dans la nuit, et on ne refuse pas l'aumône aux nécessiteux.
Qu'est-ce que ça change pour nous, les m'zungus ? rien. Ah si, des détails, des broutilles, des petits riens qui ne valent même pas le temps que je vais passer à écrire cette note: l'île tourne au ralenti pendant un mois. Les magasins ferment leurs portes à 16h, les administrations à 14h. En effet, l'après-midi est consacré à la cuisine qui remplira les estomacs affamés et les femmes quittent donc leurs postes tôt en après-midi (ou tard en matinée) pour effectuer cette tâche quotidienne. Le repas sera pris en famille, 30 personnes au bas mot, et il n'est pas question d'expédier les préparations culinaires en 20mn chrono. La STM s'y met aussi, et à partir de 17h30, vous n'aurez qu'une barge par heure pour traverser le chenal. Si vous la ratez, tant pis pour vous, vous attendrez une heure.
L'île se vide de ses habitants en journée et nous avons les rues des villages pour nous tout seuls. Les plages aussi, à l'exception des enfants qui ne vont à l'école que le matin et en profitent pour jouer au foot sur le sable.
Nous avons donc toutes nos matinées pour aller à la Poste, courir à la banque, aller payer les factures d'EDM et SOGEA, essayer de trouver quelqu'un chez France Télécom qui viendrait régler le problème de ma ligne en dérangement, et aller gueuler...pardon, faire une réclamation... à la SIM qui nous impose une augmentation de nos charges sans aucune justification écrite. Sans oublier de faire la queue à la Sécu pour tenter de comprendre pourquoi les remboursements des visites médicales mettent plus de 6 mois à être sur nos comptes bancaires, vous comprendrez que le mois du Ramadan ne change pas grand' chose pour nous, les m'zungus.
Et en congé aujourd'hui, je me suis rendue chez Score-Labattoir vers 16h30 pour y acheter du White Spirit. J'ai compris ou étaient ces braves gens que pensais en train de prier. La queue était monstrueuse de bouénis venues acheter le sac de mabawas (ailes de poulet) en promo. J'ai presque été soulagée quand j'ai vu que le supermarché n'avait pas le White dont j'avais besoin, parce qu'il n'y avait que deux caisses ouvertes sur les huit que comptent le magasin.
En gros, si Mayotte tourne au ralenti durant le mois du Ramadan, j'ai bien peur nous ne soyons obligés de speeder comme des bêtes pour compenser ce ralenti.
A moins d'adopter la philosophie ambiante qui veut que tout ce qui peut être fait aujourd'hui peut sans aucun doute attendre demain.
Kaay à Mayotte
02 septembre 2008
Ramadan 2008, c'est parti...
Tout le monde musulman inaugure ce soir le début du Ramadan qui durera un mois entier.
" Le Ramadan consiste à lutter contre vos désirs humains intérieurs. Saw, le mot Arabe désignant le jeûne, signifie davantage que s'abstenir de boisson, de nourriture, de cigarettes ou de rapports sexuels entre le lever et le coucher du soleil; ce n'est pas non plus une question de comportement extérieur, c'est avant tout un engagement privé entre vous et Dieu. C'est aussi le moment de faire le point sur vos faiblesses personnelles. Si vous rompez secrètement votre jeûn, il n'y a que vous et Dieu qui le saurez. De ce fait, c'est essentiellement un test de votre foi pendant un mois entier "
Hanifa Deen, auteur musulman
Comme tous les ans, nos collègues vont tenter de nous convertir au jeûn, sans succès d'ailleurs. La religion est une affaire personnelle, et si je respecte toutes les religions, je n'éprouve aucun besoin de me rapprocher de l'une d' entre elles. Et, si je peux me permettre, je ne me vois pas du tout cesser de boire durant toute une journée. Manger, peut-être et encore, mais boire, pas possible.
Cette année, Ramadan tombe mal, si on peut dire: juste après les vacances et après la rentrée des classes, qui a eu lieu à Mayotte lundi 23 août. Rappelons que le mois de Ramadan est aussi celui des cadeaux offerts à toute la famille, ainsi que celui du renouvellement des rideaux, coussins et autres textiles pour la maison. Plutôt rude pour le porte-monnaie, mais les grandes surfaces proposent une pléthore de promos qui devrait rendre la douloureuse un peu moins forte.
Puisque c'est le mois des cadeaux, j'ai donné à ma femme de ménage les trois régimes de bananes qui encombraient mon jardin. Elle les a sans doute mangé dimanche au cours du dernier voulé sur la plage, le dernier avant la fête de l'Aïd qui clôturera ce mois de jeûn.
J'aurais l'occasion de vous en reparler durant ce mois, puisque toute l'île tourne au ralentit pendant ce laps de temps. Mais pas question de s'énerver, Ramadan est aussi le mois de la paix et du contrôle de soi: donc, on ne se met pas en colère, on garde le sourire en toutes circonstances et on ne dit pas du mal des autres.
Heu, si je me prive de manger dans la journée, je peux dire des méchancetés le soir ?? j'ai un blog à tenir, moi madame. Des petites, rien que des toutes petites méchancetés, c'est promis...?!
Kaay à Mayotte
08 mai 2008
Saandati...
Saandati vend des oranges sur le marché depuis plus de vingt ans à Mamoudzou. Elle est originaire de l'île d'Anjouan et n'a jamais obtenu de visa pour vivre à Mayotte. Elle est ce qu'on appelle une personne sans papier, une clandestine.
Au gré des rafles de la Police aux Frontières, elle retourne dans son pays deux à trois fois par an, le temps de revoir la famille restée au village. Mais invariablement, Saandati reprend la mer à bord d'une barque remplie de prétendants à une vie meilleure que l'on rencontre sur toutes les mers du globe et appelée ici kwassa-kwassa.
Sa vie est donc mi-mahoraise, mi-anjouannaise et elle a ses habitudes dans les deux pays. Comme tous les habitants du monde, son pays est pour elle le plus beau et elle ne désespère pas y retourner un jour définitivement, pour y vivre une vie normale.
Mais depuis quelques temps, Saandati se sent mal; elle arrive à 72 ans et la santé n'est plus ce qu'elle était. Elle est fatiguée, ses jambes ne la soutiennent plus, et son coeur bât la chamade pour un rien. Elle a pris les herbes que le foundi lui a donné mais le mal est puissant et il persiste.
Elle demande de l'aide à Issati qui vient lui acheter des oranges toutes les semaines.
" va prévenir le policier que je suis ici et qu'il doit m'emmener parce que je suis en situation irrégulière ". Issati s' exécute et le policier, qui connaît Saandati, lui dit qu'il viendra demain matin au petit jour la chercher dans sa case.
La vieille femme rentre lentement chez elle, sur les hauteurs de Kawéni et prépare son baluchon. Vingt ans de vie sont contenus dans ses lambes. Elle distribue ses ustensiles de cuisine en noix de coco à ses voisines, elle donne son petit tabouret à sa copine et garde pour elle ses maigres économies ainsi que son livre du Coran.
Et elle attend.
A l'aube, le policier vient lui dire qu'il n'y a plus de place dans l'avion et qu'il reviendra demain.
Le surlendemain, il arrive enfin. Elle monte doucement dans le camion avec l'aide du policier. Sa copine Fatima est embarquée aussi, mais elle, elle reviendra dans quelques jours.
L' avion ne partira que demain, et elles sont donc déposées au centre de rétention de Pamandzi. Une journée de jeun est sans importance et elles ont pris soin d'emporter de l'eau pour boire.
Dans deux jours au plus tard, Saandati sera de retour sur la terre qui l'a vue naître, de retour au village de ses ancêtres, de retour parmi les siens.
Sans souci ni regret, elle regarde une dernière fois par la fenêtre l 'île de Mayotte qui l'a nourrie pendant plus de vingt ans.
Elle est apaisée, elle pourra mourir tranquille, elle est de retour au pays.
Merci à toi Saandati pour ton sourire et tes oranges.
Kaay à Mayotte
26 février 2008
ça craint....
Apparemment, ça craint du côté d'Anjouan, une des île des Comores. C'est donc pour ça que depuis un bon mois, nous pouvons nous régaler tous les matins de voir les militaires en short, fusil à l'épaule. Si j'ai bien compris, mais je ne suis pas sûre, un coup d'état à eu lieu aux Comores et la Tanzanie va envoyer des militaires sur place pour tenter de régler le problème. La France, à travers Mayotte, regarde de loin ce qui se passe, mais est prête à intervenir quand elle le jugera nécessaire. Si j'ai bien compris, mais encore une fois rien n'est sûr, un président est en place mais un autre , jaloux comme un pou, veut prendre sa place. C'est pas bien ce que tu fais monsieur, on attend son tour...
En tout cas, s'il faut en croire les journaux de notre île, on doit s'attendre à une arrivée massive de Comoriens chez nous, qui viendront chercher refuge dans notre plat pays. Rappelons tout de même qu'un habitant sur trois à Mayotte est un clandestin. Messieurs, reprenez-vous, on ne peut quand même pas prendre toute la misère de l'Afrique dans notre île, y aura jamais assez de place. Bon, moi je peux en loger deux ou trois mais pas plus...
Kaay à Mayotte
22 février 2008
Plus d'essence dans le jerrican...
Depuis quelques temps, je me demande ce que je fous là, à Mayotte.
Pas vous...??
Je résume: la Poste est en grève depuis plus d'un mois, du coup pour payer les factures qu'on ne reçoit pas, c'est assez folklorique. La tempête Fame a détruit une partie des routes, déjà bien accidentées au départ, si bien que les embouteillages sont devenus quotidiens et prennent de l'ampleur chaque jour un peu plus. Et pour couronner le tout, bientôt il n'y aura plus une goutte d'esence sur l'île: la mise aux normes de deux camions de livraison d'hydrocarbure plus deux autres camions qui sont en panne, font que les stations essences ne sont pas sufisamment ravitaillées. Du coup, tout le monde débarque pour faire le plein avant que les cuves soient sèches, n'hésitent pas à barger avec des jerricans pour les remplir .
Il fut un temps ou pour aller d'un village à l'autre, les habitants de l'île se déplaçaient en charrette à zébu. Il y a vingt ans à peine.
Le plus court chemin pour aller d'un village côtier à un autre était la pirogue. Mes collègues plus jeunes que moi ont connus ce temps là...chaque époque a son charme, mais sommes-nous prêt pour autant à revenir en arrière...?? La société de consommation fait une entrée fracassante sur l'île, et tout ce qui va avec: les grèves de ceux qui gagnent correctement leur vie mais qui en veulent plus, les voitures qui sont de plus en plus nombreuses, et les supermarchés qui se retrouvent régulièrement complètement vidés de leur marchandise.
Il nous manque quelques coupures d'eau comme la SOGEA sait si bien le faire, et vous aurez un tableau assez idyllique de ce qu'on vit depuis quelques temps. Il y a vingt ans, l'eau venait du puits, l'éclairage se faisait à la bougie, la cuisine au charbon, et le riz ( le manioc, la banane ) était cueilli aux champs.
Je ne suis pas certaine de vouloir vivre sans un certain confort. Notez que j'ai bien dit: vouloir, pas pouvoir. Si je n'avais pas le choix, je ferais avec. Mais je profite de mon blog pour passer une petite annonce: jeune couple -40 ans c'est jeune non- cherche une île pour vivre à l'année, sans grève, sans politicien, sans syndicat, une île ou tout le monde est gentil et inltelligent- ça compte ça aussi- ou les victuailles poussent en abondance mais ou j'aurais pas à les ramasser- mon dos devient fragile avec l'âge- ET OU IL NE PLEUT QUE LA NUIT....
A tout ceux qui ne vont pas manquer de s'extasier sur mes photos, je précise qu'elles ont été prises l'année dernière à Nosy be et oui, merci, je suis bourrée de talents. Comme quoi, on peut avoir un physique spendide et un cerveau, les deux n'étant pas incompatibles.
Kaay à Mayotte
19 février 2008
Internet à Mayotte...
Mayotte: son lagon, ses plages, ses habitants....et son bas débit.
J'ai découvert le haut débit il y a deux mois lors de mon passage en métropole, ainsi que la connection WIFI. J'aimerais dire que nous avons la même chose ici, mais ce n'est pas le cas: pour vous connecter, il faut un cable relié à la prise téléphonique, téléphone qui sonne donc occupé tout le temps de la connection, un abonnement à France Télécom obligatoire pour la ligne téléphonique, et un abonnement à Orange pour internet. Plus évidemment un ordinateur, mais ça va de soi.
Et de la patience, beaucoup de patience...!!
Commençons par la connection elle-même. Plusieurs minutes sont nécessaires pour obtenir le droit d'entrée, après l'éclatement du tympan par la douce musique TUTUTUTUTUTU qui appelle le numéro. J'ai réussi UNE fois à avoir une connection immédiatement après avoir essayé, mais plus jamais depuis.
Ensuite, l'ouverture des pages. Quelques secondes en métropole, plusieurs minutes ici. Il m'est arrivé en attendant que la foutue page daigne s'ouvrir, de faire ma vaisselle pour ne pas poireauter bêtement devant mon écran. Ok, je vous l'accorde, pour laver deux assiettes et deux paires de couvert, il ne me faut pas 3 plombes non plus...n'empêche.
Comme tout le monde ici, j'ai un forfait illimité à 20 euros TTC par mois. Je ne voulais pas me restreindre dans mes bavardages ni même avoir les yeux rivés sur le compteur pour connaitre le temps qu'il me reste. Orange en a décidé autrement: ma connection s'arrète automatiquement au bout de 4h. est-ce qu'ils me connaissent...est-ce qu'ils m'ont déjà vu....?? qui leur a dit que j'étais bavarde et qu'il fallait me calmer d'office...?? Croyant à un complot contre ma personne, j'en ai parlé autour de moi, et j'ai découvert qu'on était tous logés à la même enseigne: en plein milieu d'une phrase avec ma copine chérie sur MSN, je ne lui réponds plus parce que JE SUIS COUPEE....Je vois d'ici les yeux de coocker que me font mes copines à l'autre bout de la planète: la pôôôôvre d'habiter un pays si peu développé...!!
Ah oui, autre chose et de taille: j'arrive à avoir une connection le soir à ....22H. Ami couche-tôt bonjour. Dans mon cas, ça ne me dérange pas trop, je me couche de toutes façons vers minuit, mais quand même: si on fait les calculs, ça ne me fait jamais que 2h d'internet par jour. Impossible de me brancher avant, tout ceux qui se connectent vers 18h squattent carrément les lignes. Y a des jours ou je peste toute seule devant mon ordi' : " allez vous coucher les gens bordel, c'est l'heure de manger là, laissez-moi ma connection..." mais personne ne m'entend. Alors qu'en France, il suffit de le vouloir pour être connecté quand on le décide.!!
J'ai donc téléchargé un jour le logiciel Windows Life Writer qui me permet d'écrire mes notes sans être connectée. Un sacré gain de temps et du coup, quand je suis sur le net, je peux naviguer tranquillement vers d'autres blogs sans m'occuper du mien. Sauf que la note écrite, il faut bien l'envoyer sur mon blog, et là, c'est plusieurs minutes de téléchargement et des pages qui mettent un temps fou à s'ouvrir....rrrhhhââââ.....je vous l'ai dit: de la patience, toujours de la patience....
Kaay à Mayotte

































